[Portrait] : Dylan, technicien biomédical militaire et opérationnel.

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Derrière chaque dispositif médical utilisé dans les armées françaises, il y a un technicien de l’ombre. Dylan, technicien supérieur hospitalier et passionné de sport concilie expertise technique, rigueur militaire et engagement humain. De la maintenance de dispositifs médicaux à bord du porte-avion Charles-de-Gaulle à la formation des nouvelles recrues, il nous raconte son parcours, ses missions et la passion qui l’anime au quotidien.

Bonjour monsieur le technicien supérieur hospitalier, qui êtes-vous et où êtes-vous affecté ?

Je suis le Technicien Supérieur Hospitalier de deuxième classe (TSH2) Dylan, technicien d’installation et de maintenance des équipements biomédicaux (TIMEB), pour la nouvelle génération, ou Technicien Matériels Santé (TMS) pour les plus anciens. Je suis affecté à l’Etablissement Central des Matériels du Service de santé des armées (ECMSSA) à Orléans. Ma principale mission au sein de cet établissement est de maintenir en condition opérationnel l’ensemble des dispositifs médicaux du SSA.

Quel parcours avez-vous réalisé pour en arriver jusque-là ?

Mon cursus scolaire a été complétement orienté vers le professionnel dès ma sortie du collège. J’ai intégré le lycée Maurice Genevoix à INGRE près d’Orléans pour préparer un BEP (Brevet d’Etudes Professionnelles). En poursuivant par un BAC STI (Sciences et Technologies de l’industrie), puis terminant par un BTS (Brevet de Technicien Supérieur) toujours dans le domaine de l’électronique.

Suite à l’obtention du BTS, j’intègre la société HITACHI, en contrat intérimaire. Société dans laquelle je m’occupais de la gestion des produits défectueux (disques durs). Restant régulièrement en contact avec l’équipe pédagogique de mon ancien établissement pour des offres d’emploi, j’ai reçu des annonces pour devenir technicien d’installation et de maintenance des équipements biomédicaux militaire au sein de l’Etablissement Central des Matériels du Service de Santé des Armées (ECMSSA).

Devenir militaire m’avait toujours intéressé et passionné mais je ne savais pas comment transposer mon savoir au sein de l’Armée. Et travailler dans le monde médical me permettait de me sentir utile dans ce que je pouvais faire et enfin y trouver ma place.

J’ai donc signé un premier contrat de 5 ans en septembre 2014 pour devenir Technicien Matériels Santé (TMS). Ce contrat a débuté par une Formation Militaire Initiale (FMI) d’un mois suivi d’une formation théorique et technique, d’un an, au sein du centre de formation du ravitaillement médical, toujours sur le camp militaire d’Orléans-Chanteau. Suite à cette formation, j’ai obtenu un certificat d’aptitude technique et j’ai été affecté à l’ERSA de Marseille (Etablissement de Ravitaillement Sanitaire des Armées). Le fait de rejoindre le SSA me permettait de concilier ma passion pour le sport avec un métier où je me sentais utile.

Quelles missions est-on amené à réaliser en tant que technicien biomédical ?

Dès ma sortie du centre de formation, j’ai intégré un atelier de maintenance biomédical où je réalisais la maintenance préventive (contrôle du bon fonctionnement des dispositifs) et curative (réparation) des dispositifs médicaux (maintien en condition opérationnel) dans la région gérée par l’ERSA de Marseille. 

A l’atelier, je m’occupais des lots pré-positionnés destinés aux opérations extérieures, aux diverses missions ainsi que pour le lot MORPHEE (lots pré positionnés pour les évacuations sanitaires aéroportées). Dans cette affectation, je devais très régulièrement me déplacer dans les antennes médicales des régiments militaires et sur les bâtiments de la Marine nationale, tel que le porte-avion Charles de Gaulle, les Portes Hélicoptères Amphibies (Mistral, Tonnerre et Dixmude), etc… pour contrôler les dispositifs médicaux. 

Ma première expérience sur le Charles de Gaulle restera un souvenir mémorable car c’était pour moi un lieu inaccessible que l’on pouvait seulement voir à la télévision, mais jamais en réel.  Seulement 1 an après mon arrivée au SSA, je faisais mes premiers pas sur le pont de ce formidable navire…

Quelles problématiques êtes-vous susceptibles de rencontrer au quotidien ?

Au quotidien, nous devons faire coïncider notre planning de mission avec les périodicités de maintenance imposées par les dispositifs médicaux que nous soutenons. Nous devons concilier les missions de maintien en condition opérationnels au sein de l’atelier (constitution des lots, prêts de matériels, maintenances curatives etc…) avec les missions de maintenance en dehors de l’établissement de rattachement (antennes médicales des régiments et bâtiments de la marine).

Dans les phases de déplacement, je suis en contact directement avec les équipes soignantes et les Centres Médicaux des Armées (CMA). J’apporte alors mon expertise auprès de ces équipes et je les conseille pour utiliser de façon efficiente leurs matériels.

Après avoir passé 5 ans à l’ERSA de Marseille, j’ai rejoint l’ECMSSA. J’occupe désormais le poste d’adjoint au chef d’atelier. Des missions quotidiennes légèrement différentes car je dois suppléer le chef d’atelier pour la gestion d’atelier et des 11 techniciens de celui-ci, prévoir notamment la planification des missions, des formations et répondre aux questions des utilisateurs qui nous sollicitent.

Ce que je trouve appréciable au SSA, c’est que nous travaillons continuellement avec du matériel de pointe. Que ce soit les matériels médicaux que nous soutenons ou les matériels utilisés pour les soutenir. Voici quelques exemples de matériels médicaux sur lesquels nous travaillons : scanner, fauteuil dentaire, défibrillateur, ventilateur de réanimation, moniteur de surveillance, aspirateur de mucosité…

Êtes-vous déjà parti en opération extérieure (OPEX) ?

Depuis le début de ma carrière, j’ai eu l’occasion de pouvoir participer à 4 OPEX de 4 mois chacune et réaliser 2 missions de courte durée. Des expériences enrichissantes car lors de ces OPEX et missions, le technicien matériels santé (TMS) est seul. Il doit gérer l’intégralité des matériels médicaux sur le théâtre et dans les postes de secours aux alentours. Durant l’une de ces missions, j’ai été confronté à une panne du scanner alors qu’un plan MASCAL (afflux massif de blessés) venait de se déclencher. J’ai dû mobiliser l’ensemble de mes compétences pour dépanner ce matériel de pointe dans un délai très court avec une pression maximum.

Quels types de formation avez-vous suivi ou suivez-vous pour rester opérationnel ?

A mon arrivée au SSA, j’ai eu une formation militaire initiale (FMI) d’un mois suivi d’une formation technique d’un an au sein du Centre de Formation du Ravitaillement Médical. Cette formation technique est principalement composée d’apprentissage sur les divers matériels soutenus. Les techniciens civils et militaires de notre site dispensent des cours au sein de ce centre et, depuis 4 ans, je suis moi-même devenu formateur au sein de ce centre. C’est une remise en question permanente de mes connaissances théoriques et techniques pour transmettre mon savoir aux jeunes recrues militaires. Lorsque des nouveaux matériels sont achetés par le SSA, nous recevons une première formation dispensée par le constructeur et ensuite, le référent technique de l’établissement transmet son savoir aux autres techniciens.

Comment faites-vous pour créer de la cohésion au sein de votre équipe ?

Au quotidien, j’essaie de fédérer l’équipe que j’encadre avec mon chef d’atelier notamment au travers du sport, des repas et autres petits déjeuners que nous organisons régulièrement. Ces moments de convivialité me sont chers car ils permettent de lier l’équipe notamment lors des surcroits d’activités tels que nous avons pu le connaitre par exemple lors de la crise COVID.  Cette esprit m’a été inculqué par les plus anciens lors de mon passage à l’ERSA de Marseille.

Avez-vous une autre activité en dehors de votre fonction de technicien biomédical ?

Mon intérêt pour le sport m’a conduit à devenir réfèrent sport sur le camp militaire d’ORLEANS-CHANTEAU depuis 2 ans. Une autre casquette qui me permet d’encadrer des activités sportives de plus grandes ampleurs pour créer des liens entre les quatre établissements qui composent le site d’Orléans-Chanteau.

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