[Portrait] Dorothée, infirmière militaire à la 158e antenne médicale de Salon-de-Provence.

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Infirmière militaire engagée et passionnée, Dorothée exerce au sein du Service de santé des armées (SSA) depuis près de vingt ans. Actuellement en poste à la 158e antenne médicale de Salon-de-Provence (13), elle incarne parfaitement la double vocation de soignante et de militaire. De la base aérienne de Saint-Dizier (52) aux opérations extérieures en Afghanistan ou au Liban, son parcours témoigne d’un engagement sans faille au profit des forces armées. Découvrez son portrait.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours en quelques mots ?

Je suis l’infirmière en soins généraux de 2ème grade (Major) Dorothée et j’exerce à la 158e antenne médicale de Salon-de-Provence (13) sur la base aérienne 701.

Après un bac scientifique, j’ai commencé mes études d’infirmière dans le civil. En parallèle, j’ai passé le concours d’infirmière militaire. Reçue aux épreuves, je me suis engagée en février 2005 dans l’Armée de l’air et de l’espace où j’ai fait ma formation militaire initiale. À l’issue, j’ai intégré l’École du Personnel Paramédical des Armées (EPPA) de Toulon (83) promotion 2005-2008.

En sortant d’école, j’ai été affectée sur la base aérienne de Saint-Dizier (52), j’étais alors sous contrat. Par la suite, je suis passée Sous-Officier de Carrière et MITHA (Militaire Infirmier Technicien des Hôpitaux des Armées) en 2009.

Après une première expérience sur une base aérienne, j’ai servi au sein de l’Hôpital National d’Instruction des Armées Percy à Clamart (92) en service de médecine interne/rhumatologie et gastro-entérologie, puis j’ai rejoint une antenne médicale de gendarmerie à Calais (62) pour arriver en 2020 à la 158e antenne médicale de Salon-de-Provence (base aérienne 701). Cet été je rejoindrai la 144e antenne médicale de Canjuers (83).

Pourquoi avoir choisi de rejoindre le SSA ?

J’ai toujours voulu être infirmière. Lors de ma Journée d’Appel et de Préparation à la Défense (maintenant Journée Défense et Citoyenneté), j’ai eu l’occasion d’échanger avec des militaires. J’ai donc découvert qu’il y avait des infirmiers dans les armées et j’ai tout naturellement été attirée par le fait d’être infirmière et militaire. J’ai trouvé ça original, de faire « deux métiers en un ».

Quelles sont vos missions au quotidien ?

Je travaille avec une équipe de soignants pluridisciplinaires (médecin, infirmier, kinésithérapeute, psychologue).

Au quotidien, nous soutenons la plateforme aéronautique en réalisant toutes les activités liées à l’aptitude des personnels (visites médicales périodiques pour les personnels non navigants, visites systématiques à l’unité pour les personnels navigants, expertises médicales initiales pour le recrutement, fin de service, etc.) Nous assurons les consultations médicales en cas de maladies ou d’urgence, le suivi des personnels du parcours de soins (congés longue maladie…) et lors des activités où un soutien sanitaire est demandé.

Pour ma part, Je suis responsable de l’accueil des personnels et correspondante locale de prévention. Je pilote et coordonne toutes les actions liées à la prévention : visites d’unités, actions de prévention sur la base comme par exemple le dépistage du cancer du sein.

Tout au long de l’année, je participe également à des exercices opérationnels : incendie, déminage, accident d’aéronef, meetings ou exercices d’entraînement nucléaire par exemple sur la base d’Istres. J’interviens également sur le Module de Réanimation pour Patient à Haute Élongation d’Évacuation (MORPHÉE) qui est un exercice d’envergure au profit des armées.

J’ai la chance de pouvoir aussi participer à la « vie quotidienne » de la base aérienne et du centre médical des armées : permanence à la semaine base, défilés ou cérémonies, journées des Saints Patrons (Saint-Éloi, Saint-Luc…), cross base, etc.

Quel type de « patientèle » et de « pathologies » rencontrez-vous au quotidien ?

Nous sommes à la fois une base école et la base qui abrite les EQPAAE (Équipes de présentation de l’Armée de l’air et de l’espace). Nous avons en gestion les personnels navigants et non navigants des équipes de présentation et les élèves des écoles de l’air et des commissaires, les cadres qui travaillent sur la base mais aussi des unités de gendarmerie rattachées à notre antenne médicale.

Les pathologies que nous rencontrons sont assez variées : maladies diverses, soins d’urgence sur de la traumatologie essentiellement, des soins post-opératoires… Nous avons aussi la chance d’avoir deux kinésithérapeutes et une psychologue de réserve.

Nous avons de fortes périodes d’activité lors des incorporations des élèves et beaucoup de soutiens médicaux à assurer (sauts en parachute, franchissement type rappel, franchissement de rivière etc.). Il faut donc pouvoir s’organiser, en matière de personnel et de matériel, pour assurer toutes ces missions.

Avec quelles autres équipes travaillez-vous ?

En dehors de l’antenne médicale, nous travaillons avec bon nombre d’unités de la base pour réaliser nos missions : pompiers de la base, tour de contrôle, cadres des écoles pour les élèves, pôle Atlas pour le parcours de soin, etc.

Lors de soutiens importants, nous pouvons travailler avec des équipes extérieures comme la Croix-Rouge, des pompiers civils ou des équipes de SAMU/SMUR. Nous adressons régulièrement des patients à l’hôpital civil et militaire, dans des centres de radiologie ou des laboratoires de proximité avec lesquels nous échangeons régulièrement.

Avec quel matériel travaillez-vous ?

Pour réaliser nos missions, nous avons tout le matériel dont nous avons besoin : matériel de santé, parc informatique, véhicules, médicaments et autres produits dits consommables. Nous appliquons les dernières recommandations en matière de vaccination (MPOX Virus, encéphalite…). Nous avons du matériel adapté pour les soutiens sur le terrain comme l’attelle CT6 pour les fractures de fémur, des attelles à dépression, le Meducore (pour la prise des constantes vitales).

Êtes-vous susceptible d’exercer en Opérations extérieures ?

Nous partons régulièrement en Opérations extérieures (OPEX) soit en équipes constituées, soit en individuel selon les missions. J’ai pu partir en République Centrafricaine (2009-2010) puis en Afghanistan (2011-2012), Chypre (2013), La Réunion (2018), Djibouti (2019) et enfin le Liban (2024).

J’ai énormément de souvenirs de mes missions, la plus marquante pour moi était l’Afghanistan où j’ai participé à plusieurs plans MASCAL (Massive Casualties : afflux massif de blessés) avec des enfants et des adultes pris en charge pour du polycriblage et des brûlures suite à une explosion sur un marché.

Quel type de formation avez-vous suivi ou pourriez-vous suivre ?

Tout au long de ma carrière, j’ai pu suivre de nombreuses formations. Elles m’ont permis d’évoluer au sein de mon métier. Par exemple, à Salon-de-Provence nous prenons des astreintes MORPHÉE (Module de Réanimation pour Patient à Haute Élongation d’Évacuation) avec la base d’Istres et donc pour cela nous bénéficions d’une formation spéciale.

Vers quelles fonctions pourriez-vous évoluer à l’avenir ?

J’espère être affectée sur un poste d’infirmier Major lors d’une prochaine mutation et j’aimerais passer le concours de cadre de santé d’ici quelques années.

En quoi exerce-t-on autrement au SSA ?

Le travail d’infirmier dans la médecine des forces en métropole se rapproche, au quotidien, de la médecine du travail mais on est au service de populations particulières qui ont chacune leurs spécificités (parachutiste, gendarme, maître-chien, mécanicien avion, pilote de la Patrouille de France, démineur, etc.). De plus, nos conditions d’exercice changent selon notre unité d’affectation (en base aérienne, sur un bâtiment de la Marine nationale…).

Les valeurs de cohésion et d’engagement que nous partageons se vivent au quotidien aussi bien dans notre travail en métropole qu’en missions à l’étranger.

Quel est votre moment préféré de la semaine ?

Je crois que je préfère le lundi matin. Même si c’est un peu dur de reprendre après le week-end, c’est toujours une matinée bien chargée avec son lot d’imprévus. Puis surtout une nouvelle semaine commence et tout peut arriver ! Enfin, j’aime retrouver mes collègues et l’ambiance de travail qui règne entre nous.

Avez-vous une passion en dehors de votre métier ?

En dehors de mon métier, je suis une passionnée de musique. Je fais du violon et du chant. C’est ma bouffée d’oxygène en plus du sport.

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