[Portrait] Marion, infirmière de réserve : « Etre réserviste, ce n’est pas seulement porter un uniforme » 

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Après un début de carrière dans le monde civil, l’infirmière en soins généraux et spécialisés de 1er grade (ISGS) Marion, 30 ans, a renoué avec l’héritage familial et rejoint la réserve opérationnelle du Service de santé des armées, en 2023. Aujourd’hui rattachée au 1er régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile en Eure-et-Loir (28), elle raconte les motivations derrière son choix, son parcours et la réalité de ses missions. Un éclairage passionnant sur l’engagement au sein de la réserve opérationnelle.

Quel a été le moteur de votre engagement dans la réserve ?

C’est mon mari, sapeur-sauveteur, qui m’a transmis cette passion. Il m’a ouvert les yeux sur une autre façon de soigner, d’intervenir, de servir. Mais il n’est pas le seul exemple. J’ai toujours baigné dans le monde du secours avec un père pompier volontaire, un grand-père et des oncles engagés. Naturellement, cette volonté de servir a toujours été profondément ancrée en moi.

Au-delà des missions, j’ai été réellement convaincue par l’esprit de corps. Dans le civil, la tendance est à l’individualité : chacun reste dans son domaine de compétences. A l’armée, en revanche, l’action se mène en équipe, portée par un esprit collectif, un sens du devoir et une volonté de servir dans des contextes souvent urgents. C’est un vrai challenge personnel et professionnel, qui m’invite à sortir de ma zone de confort et me remettre en question. Il faut être en forme, prêt à réagir, et garder la tête froide, quelles que soient les circonstances.

Vous travaillez dans le service médicale d’une unité de sécurité civile. Quel est le cœur de vos missions ?

Que ce soit en pleine canicule face aux incendies, ou dans le chaos d’un éboulement ou d’un séisme, je suis là pour soutenir les unités engagées, sans exception. Concrètement, mon rôle consiste à assurer le suivi médical des équipes, rester attentive, réagir en cas d’incident, mais aussi anticiper les besoins de santé sur le terrain. En résumé, je ne manie pas les tuyaux, mais je me tiens derrière ceux qui les portent.

À quelle fréquence êtes-vous mobilisée ?

Ma mobilisation varie en fonction des besoins et oscille entre des périodes de forte activité, et d’autres plus calmes. Je peux être appelée pour une mission d’une journée tout comme rester mobilisée plusieurs semaines. Pour anticiper, l’unité où je travaille dispose de canaux de communication très efficaces afin d’être informés rapidement. En cas d’événement majeur, nous pouvons être rappelés dans un cadre prévisionnel ou relever des militaires d’active.

Sur le terrain, la collaboration est un aspect fondamental. Quel lien entretenez-vous avec les militaires d’active en tant que réserviste ?

Effectivement ! Nous avons un très bon lien avec les militaires d’active car nous travaillons toujours binôme avec eux. L’avantage est que nous partons souvent avec les mêmes équipes, aux côtés des mécaniciens, logisticiens, auxiliaires sanitaires et médecins. Que ce soit dans la difficulté ou les moments plus simples de communauté, nous maintenons un vrai esprit d’entraide.
Quelles formations suivez-vous ou envisagez-vous de suivre dans le cadre de votre engagement ?
Être réserviste, ce n’est pas seulement porter un uniforme, c’est être compétent. J’apprends sur le tas, bien sûr, mais la formation est aussi appuyée grâce à des modules techniques, médicaux ou sécuritaires. À ce titre, je suis des formations régulièrement pour être pleinement opérationnelle et adopter les bons réflexes militaires, même en étant issus du civil. Cela demande une certaine rigueur, mais en tant qu’infirmière dans le civil, j’étais habituée au respect de la hiérarchie, des consignes et de la polyvalence.

Avez-vous déjà été déployée en mission extérieure ?

Oui, j’ai participé à plusieurs campagnes d’accompagnement, notamment sur des feux de forêt dans le sud de la France, en tant que soutien au poste de commandement. Ce poste demande une veille constante afin d’être prêt à intervenir s’il y a un blessé ou un souci de santé. Ces missions sont épuisantes physiquement, mais incroyablement formatrices et allégées par l’ambiance est très bonne, sportive, fraternelle.

Que diriez-vous à un professionnel de santé qui hésite à s’engager dans la réserve ?

La réflexion est la clé. La réserve n’est pas un engagement à prendre à la légère. Il faut être prêt, physiquement et mentalement, aimer la spécialité et avoir un intérêt pour ces environnements particuliers.

Si vous appréciez le dépassement de soi, apprendre autrement, évoluer hors des sentiers battus alors oui, allez-y ! Vous y découvrirez un monde à part, avec ses codes, ses exigences, mais aussi une richesse humaine incroyable.

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