[Portrait] Galileo, Masseur-kinésithérapeute militaire à l’Hôpital Régional d’Instruction des Armées Legouest
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« Servir ceux qui servent » : l’inspirant parcours de Galileo, masseur-kinésithérapeute militaire à l’Hôpital régional d’instruction des armées Legouest. Au sein de l’Hôpital régional d’instruction des armées Legouest à Metz, Galileo, masseur-kinésithérapeute militaire incarne l’excellence et l’engagement au service des civils et militaires des armées. Diplômé après cinq années d’études en kinésithérapie, il met désormais son expertise au service de ceux qui défendent la patrie, alliant passion pour son métier et dévouement à la santé des soldats. Découvrez le parcours inspirant de ce professionnel qui, chaque jour, « sert ceux qui servent ».
Pourquoi avoir choisi de rejoindre le Service de santé des armées ?
J’ai choisi de rejoindre le Service de santé des armées (SSA) car j’ai toujours été passionné d’aéronautique militaire. Plus tard, je me suis découvert plus d’affinités avec les études médicales. Ainsi, au lycée, j’ai décidé que j’allais devenir soit médecin, soit kinésithérapeute militaire et me suis renseigné dans ce sens !
Rapidement, la relation kiné-patient privilégiée m’a fait pencher vers ma discipline. À l’occasion de plusieurs stages en hôpitaux militaires, je me suis rendu compte qu’au-delà des personnels navigants, tous les militaires m’intéressaient et méritaient toute notre attention de rééducateurs.
Comment s’incarne votre rôle de masseur-kinésithérapeute au sein d’un hôpital militaire ?
Le kinésithérapeute a un rayon d’action extrêmement vaste. Ses connaissances et sa pratique s’étendent sur plusieurs champs : musculo-squelettique et neurologique pour les plus classiques mais également respiratoire, cardiologique, vestibulaire, maxillo-facial, pelvi-périnéal etc. Ainsi, dans ces différents champs, nous sommes compétents pour mener des actions de prévention (avant qu’un trouble n’apparaisse ou alors anticiper les conséquences futures des troubles), de traitement (les séances de rééducation) mais également d’éducation ou de formation. Nos compétences nous permettent même d’encadrer de l’activité physique classique ou adaptée ou encore de mener des études de terrain en ergonomie au travail.
Enfin, je tiens également à souligner que la montée en gamme de notre cursus d’études depuis 2015 nous rend plus compétents en recherche, un champ vital pour notre exercice. L’exercice en milieu militaire est assez spécifique : faire exécuter des exercices à un patient dans un bateau qui tangue en pleine mer, écouter le témoignage d’une blessure reçue au combat, permettre à une équipe de rugby militaire de rayonner dans une compétition… En bref, aucun moment vécu n’est anodin. Ce que l’on vit en tant que soignant militaire est souvent intense !
Quels types de patientèle accompagnez-vous dans leur rééducation au quotidien ?
Au sein du service de rééducation dans lequel je travaille, une bonne partie des patients sont des militaires de l’armée de Terre et de l’armée de l’Air et de l’Espace ainsi que des gendarmes qui ont des problématiques de douleurs chroniques (dos, épaules, genoux…) et qui n’ont pas trouvé de solution dans le civil.
Il y a également des militaires qui viennent pour de la rééducation post-opératoire. Enfin, l’autre catégorie de patients sont des civils qui consultent pour des pathologies neurologiques souvent lourdes ou des amputés qu’il faut préparer à appareiller et rendre compétent une fois la prothèse installée. L’enjeu majeur pour nous reste la santé du militaire qui, malgré le haut niveau d’exigence de l’armée, reste notre préoccupation majeure.
Régulièrement, nous sommes le dernier recours pour de nombreux militaires et le défi est de réussir à les aider pendant des périodes courtes et intensives (3 semaines) alors que cela peut faire des années qu’ils vivent avec leur problème. C’est toujours passionnant de travailler avec eux et c’est un bon challenge pour nous de trouver des moyens de faire perdurer les bénéfices de l’hospitalisation.
Le travail d’équipe fait-il partie intégrante de vos missions ?
Je travaille avec 8 autres kinésithérapeutes, dont 6 militaires comme moi. Nous formons une super équipe au quotidien ! Nous travaillons étroitement avec les médecins rééducateurs de notre service bien sûr, les médecins d’autres services dans lesquels nous intervenons, mais également les équipes infirmières/aides-soignants qui prennent soin de nos patients pendant l’hospitalisation.
Nous avons également la chance de travailler avec d’autres thérapeutes qui interviennent fortement dans la rééducation : psychologue, psychomotriciennes, orthophonistes, diététiciennes, ergothérapeutes, assistante sociale…
Au sein d’un hôpital militaire, les conditions d’exercice sont-elles optimales ?
Nous travaillons dans des locaux spacieux, avec tout le matériel nécessaire pour aborder les besoins classiques du kinésithérapeute pour son travail. Nous avons également de supers outils pour réaliser des bilans précis et faire travailler nos patients : machine d’isocinétisme, réalité virtuelle, appareils de musculation et cardio. Nous sommes également très écoutés lorsque nous demandons des ressources intellectuelles : livres, sites payants, formations spécifiques…
Les opérations extérieures font-elles partie de votre champ d’action ?
Nous avons la possibilité de partir sur différents types de mission : soutien des équipes militaires sportives, encadrement de semaines de reconstruction par le sport pour des militaires blessés en opération et enfin des missions extérieures justifiées par la présence de personnels navigants (pilotes de chasses).
Un de ces lieux de mission est le porte-avions Charles-de-Gaulle ! Nous assurons le suivi des pilotes embarqués (du fait des contraintes importantes en lien avec le vols) mais également des tous les personnels à bord ayant besoin de rééducation.
Entre apprentissage quotidien et formations continues, comment entretenez-vous votre expertise ?
J’ai pu suivre une formation sur l’encadrement et le tutorat de stages paramédicaux dispensée par le SSA. C’était une super formation qui répondait totalement à mes attentes, l’encadrement des stagiaires étant pour moi un essentiel, une compétence vitale à entretenir.
J’aimerais pouvoir me former à l’entretien motivationnel pour aborder au mieux mes bilans avec des patients qui ont souvent des croyances limitantes dans leur évolution vers une meilleure santé.
Je souhaiterais également me reformer à des techniques de strapping appliquées sur le terrain pour les missions sportives militaires.
Comment se manifestent les valeurs de cohésion et d’engagement dans votre métier ?
La cohésion se manifeste par des choses toutes simples au quotidien : un collègue qui a besoin d’aide avec un patient plus compliqué à gérer, les repas tous ensemble, des sorties… Plus largement, la sensation d’avoir une deuxième famille pendant sa journée de travail. Si je ne vais pas bien, un collègue le verra et s’en inquiétera et vice-versa.
L’engagement, lui, est quotidien. Nous ne manquons pas d’occasions pour manifester notre envie de prendre part aux combats que la France mène et honorer ceux qu’elle a déjà menés, notamment en assistant aux cérémonies.
Comment résumeriez-vous votre engagement, en une phrase ?
En quelques mots, être kinésithérapeute militaire, c’est « servir ceux qui servent ». Et c’est un honneur de servir son pays dans cette noble mission. Depuis mes débuts dans l’armée, il m’est arrivé parfois de douter de mon utilité dans cette grande fourmilière. Mais quand un jeune soldat me remercie de l’attention portée à son cas et des efforts que nous avons déployés pendant trois semaines pour l’aider à aller mieux, je retrouve à 100% ma conviction d’être à la bonne place et de servir pour les bonnes raisons : la santé de nos militaires. J’aime particulièrement quand une « promotion » de militaires, qui termine ses trois semaines chez nous, vient nous voir au moment du départ en civil avec tous leurs sacs. Malgré leurs remerciements, ils ont du mal à partir et finissent par le faire quand même tous sourires !

