[PORTRAIT] Du terrain au bureau, le quotidien extraordinaire d’Alexandra, infirmière réserviste

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Alexandra, infirmière réserviste : « j’avais envie d’exercer mon métier autrement » Infirmière en bloc opératoire dans le civil, Alexandra a choisi en 2021 de rejoindre la réserve opérationnelle du Service de santé des armées. Un engagement volontaire qui lui permet d’exercer son métier autrement, au contact des militaires, tout en développant des compétences opérationnelles. À la base aérienne 278 d’Ambérieu-en-Bugey comme en mission à La Réunion, elle incarne ces réservistes qui renforcent quotidiennement le SSA.


Comment est née votre envie de servir au sein de la réserve du Service de santé des armées ?


J’avais envie d’exercer mon métier autrement, de retrouver le contact direct avec les personnes, de
contribuer, à mon niveau, à la promotion et à la prévention de la santé lors des visites médicales
périodiques. Intégrer le SSA, c’est aussi rencontrer des profils variés, découvrir des parcours
singuliers et s’enrichir des expériences croisées des réservistes et des personnels d’active, venus de
différentes armées. J’apprécie particulièrement la possibilité de suivre de nombreuses formations,
qui me permettent de progresser dans la prise en charge des militaires, en métropole comme en
opérations extérieures ou en missions de courte durée.


Concrètement, à quoi ressemble votre rôle au quotidien dans la réserve ?


Être réserviste, c’est accepter d’être polyvalente. Un jour en consultation pour réaliser des visites
médicales périodiques, le lendemain en soutien sanitaire sur un camp, ou derrière l’écran pour
actualiser les dossiers médicaux sur AXONE.
Je participe aussi à la rédaction des protocoles de soins et à la formation des stagiaires, en leur
transmettant les gestes du quotidien en antenne médicale. Chaque dossier, chaque situation est
gérée en équipe, qu’ils soient infirmiers, auxiliaires sanitaires et civile de la défense, avec des
parcours et des statuts différents. Sur le terrain comme au bureau, nous partageons la même mission
: assurer la disponibilité opérationnelle des militaires.


Votre engagement dans la réserve vous a-t-il amenée à participer à des opérations extérieures ?


Oui et pas des moindres : j’ai récemment eu l’opportunité de partir en mission de courte durée de
deux mois à Saint-Denis de La Réunion. Ce fut une expérience fructueuse sur le plan professionnel,
avec une organisation différente des soins, des locaux ainsi que des personnels postés. L’anecdote la
plus marquante a été le cyclone Garance qui a touché l’île, le 28 février 2025. Au-delà de
l’événement lui-même, c’est la phase de reconstruction qui m’a particulièrement marquée. Cette
expérience a aussi été un vrai signe de la force du collectif propre au SSA et à l’institution : du
militaire de rang à l’officier, la cohésion a été le maître-mot.


Entre apprentissage quotidien et formations continues, comment entretenez-vous votre expertise ?

En tant que réserviste, la formation est un pilier de notre parcours. J’ai eu la possibilité de suivre la
formation santé opérationnelle de réserve plusieurs fois, qui dure généralement un week-end et qui
permet de mettre en pratique le combat urbain, les notions de topographie ainsi que la connaissance
des risques nucléaire radiologique biologique et chimique (NRBC).


Par ailleurs, j’ai réalisé la formation réserve d’aguerrissement opérationnel santé qui est une
formation de 5 jours, dont 3 jours de bivouac, obligatoire pour les réservistes qui veulent partir en
opérations extérieures. Sur le terrain, nous avons été formés aux risques NRBC, au sauvetage au
combat de niveau 1 ou encore au NEDEX (neutralisation, enlèvement, destruction d’explosifs).
Enfin, j’ai effectué le stage de médecine de combat et sauvetage du blessé de guerre qui forme au
triage de blessés sur le terrain avec une simulation finale, qui achève la formation. À terme,
j’envisage de m’impliquer dans le recrutement des futurs réservistes du Service de santé des armées
et pourquoi pas en tant qu’officier.


Comment se manifestent les valeurs de cohésion et d’engagement dans votre métier ?


Le SSA forme une grande famille. Certains soignants sont des opérationnels aguerris par leurs
expériences de terrain, d’autres sont spécialisés dans divers domaines hospitaliers, tandis que
d’autres encore maîtrisent la médecine d’accompagnement et de prévention en antenne médicale.
C’est cette variété qui fait la valeur du Service car chacun apporte ses propres expériences
professionnelles et personnelles. Tout le monde reconnaît le savoir-faire de l’autre et il y a une réelle
confiance et un enthousiasme à travailler ensemble au sein des équipes. Ce que je constate, c’est
que peu importe l’unité d’appartenance, les rencontres avec les autres personnels du SSA se font
toujours dans le respect.


J’apprécie de travailler au sein de la réserve, car j’ai la possibilité de travailler hors du cadre
hospitalier, d’être autonome dans mes gestes et dans la gestion des matériels que je n’ai pas
toujours l’habitude de manipuler. Grâce à cette organisation, j’ai pu m’enrichir professionnellement
et renforcer mes compétences dans ma pratique quotidienne.

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